Mon histoire, ma direction, ma mission

Dans mon enfance j’étais quelqu’un de très timide, introverti et peu social.

Je pensais que c’était de nature, que j’avais hérité cela de ma mère.

Alors je passais mes journées devant mon ordinateur à jouer aux jeux vidéo.

Vers l’âge de mes 13 ans, j’ai découvert en me baladant sur internet des images pornographiques.

Je me rappelle encore la première scène que j’ai regardé.

Je trouvais cela fascinant de pouvoir observer un « vrai » rapport sexuel à travers un écran.

J’étais d’autant plus intrigué car je n’avais jamais fait l’amour à une femme (même pas embrassé aussi).

J’avais à l’époque 13 ans, je vous le rappelle.

Était-ce une période appropriée pour être exposé à ces vidéos ? Je ne pense pas.

C’est pourtant à cet âge que j’ai aussi expérimenté le plaisir masturbatoire solitaire.

Insouciant, je me servais des vidéos pornographiques pour me masturber, car je trouvais que c’était plus facile et rapide que sans.

Personne n’était là pour me dire si ce que je faisais était bien ou mal. Ni mes parents, ni l’école, ni internet.

De toute façon je faisais cela en cachette, personne ne pouvait le savoir.

Au fil des années je gagnais en maturité sexuelle et mes pulsions sexuelles apparaissaient de plus en plus nombreuses et fortes.

Les films porno étaient donc un soutien de taille pour assouvir mes besoins sexuels car je n’avais à l’époque pas encore connu de partenaire.

Ayant passé la majeure partie de mon enfance à jouer devant un ordinateur, mes compétences sociales étaient très minces, je faisais donc peu de rencontres.

Avec un peu de travail sur moi-même, j’ai dû attendre mes 16 ans avant de sortir pour la première fois avec une fille.

C’est au même âge que j’ai eu mon premier rapport sexuel.

Je m’en rappelle encore très bien.

J’avais prévu des bougies et de l’encens pour rendre la scène romantique.

J’étais persuadé de savoir ce que c’était que de coucher avec une femme avec toutes les heures passées à voir comment faisaient les autres.

Et pourtant, j’étais très loin de la réalité.

Je suis tombé bien bas lorsque à la fin de ce premier rapport sexuel j’en suis arrivé à me poser la question suivante : pourquoi n’ai-je pas pris de plaisir ?

En effet, j’avais juste l’impression d’avoir fait une activité physique.

Aucune sensation, pas même un orgasme n’a vu le jour dans mon corps.

Je n’ai pas cherché plus loin, je me suis dit que cela allait changer au fil du temps.

S’est alors suivi des années où chaque semaine comptait au minimum 3 séances de masturbation devant du porno.

Et encore, ça pouvait aller encore bien plus loin (et ça allait très souvent bien plus loin).

Mon caractère est devenu de plus en plus renfermé et anxieux. J’avais du mal à sortir de ma zone de confort pour rencontrer des gens.

Lorsque j’arrivais à trouver un peu d’énergie et de motivation pour le faire et que je rencontrais des femmes, je ne voyais en elles qu’un objet à consommer, puis à jeter.

Je vivais dans un autre monde.

Un monde où plus rien n’a de saveur, où mes pensées étaient sans cesse dirigées vers le sexe, où mon bonheur dépendait du nombre de relations sexuelles que je cumulais.

Et pourtant, malgré le fait que je couche avec des femmes, je ne me sentais même pas profondément heureux.

Je préférais rencontrer des femmes qui ne me plaisaient pas vraiment et coucher rapidement avec elles, plutôt que de patienter et prendre mon temps pour trouver la bonne.

Les années défilaient tandis que le mal-être intérieur grandissait.

Je n’arrivais pas à évoluer.

Comment devenir sociable, atteindre ses objectifs personnels, trouver une femme qui me corresponde avec un vice aussi grand que l’addiction au porno ?

Je ne pouvais pas accepter cela. Ce n’était pas moi, pas mon identité profonde.

A force d’introspection longues et douloureuses, j’ai décidé de passer le cap.

J’ai refusé de continuer cette mascarade jusqu’à la fin de ma vie.

J’étais déterminé à véritablement ressentir les sensations d’une relation sexuelle saine, sans représentations faussées et sans problèmes érectiles liés au porno.

J’étais déterminé à apprendre à contrôler mes pensées et mes actions pour les diriger vers des activités plus intéressantes et enrichissantes.

J’étais déterminé à construire une estime de moi-même forte, et durable.

J’étais déterminé à réussir à ne plus faire comme tout le monde.

La plupart des hommes qui se masturbent le font devant du porno.

Et en 2019, à l’heure où j’écris ces lignes, cela parait normal pour la société car c’est « l’évolution de la sexualité ».

Je ne pense pas que se masturber devant du porno ressemble à une évolution, je dirais même que cela attrait davantage à une régression.

Et dans ma tête c’était clair, je ne voulais pas régresser, je voulais évoluer.

Alors j’ai entrepris le voyage du « sevrage ».

La route fut longue, remplie d’embûches et de rechutes.

Peu d’informations pour réussir à arrêter étaient présent sur internet.

La sphère médicale ne comprenait parfois même pas que l’on puisse être accro au porno.

En même temps, c’est un phénomène tout nouveau.

Je fais partie de la génération des adolescents qui ont connu l’essor du porno gratuit en illimité sur internet.

Tout le contraire de la génération de mes parents qui, lorsqu’ils étaient adolescents, ne disposaient que de cassettes de qualité vidéo moyenne.

Moi, j’ai baigné dans le monde infini de la pornographie.

Infini en termes de temps de visionnage et en termes de diversité du contenu.

Je fais donc partie de la première génération touchée par ce nouveau fléau international.

Quel poids à supporter !

Mais cela ne m’a pas découragé.

J’ai toujours été solitaire et aimé faire les choses seul.

Alors j’ai pris les rênes de ma vie et j’ai décidé d’apprendre moi-même à arrêter.

J’ai lu le peu que je pouvais trouver sur internet.

Le problème, c’est que les principaux contenus expliquaient de façon superficiel les dangers du porno, rien de plus. Pas d’explication sur comment arrêter, pas d’outils ou de méthode, rien pour m’éclairer.

Alors j’ai cru au petit bonheur la chance.

Je me suis dit qu’en essayant de résister à mes pulsions je réussirais sur le long terme à passer outre.

Mais je faisais fausse route.

Il m’a fallu bien du temps avant de comprendre que se battre contre ses pulsions est une stratégie efficace sur le court terme, et que pour changer radicalement, il était nécessaire de chercher à ne plus en avoir du tout.

Et pour ça, il a fallu que je change mes représentations.

A force d’effort, de remises en question, d’introspection, j’ai réussi à m’en détacher.

Pendant ma période d’addiction, je pouvais me masturber 5 fois devant un porno et me vider de mon énergie sans que cela ne me pose aucun problème.

Désormais, je n’envisage même plus de me masturber si ce n’est pas avec une partenaire.

Je me suis rendu compte que sans porno, la masturbation n’avait plus aucun intérêt.

Je ne veux pas dire par-là que tout le monde doit arrêter de se masturber.

J’ai appris par mon expérience, qu’aujourd’hui, la société tend à porter notre attention sur le sexe.

Et que si un homme transférait l’énergie qu’il utilise pour se masturber dans des activités qui a du sens pour lui, alors il pourrait réussir à accomplir de grandes choses dans sa vie.

En arrêtant le porno ma réalité s’est transformée.

Je me suis rendu compte que je vivais dans un monde où mes croyances, mes représentations et le fonctionnement de mon cerveau étaient complètement faussés et dysfonctionnels.

Le changement s’est opéré petit à petit, pas d’un seul coup.

Mais aujourd’hui encore, plus je m’éloigne du porno, et plus je change et j’évolue.

Ce combat m’a permis de retrouver une santé sexuelle et une énergie phénoménale.

Mais comment j’en suis arrivé à créer Goodbye Porno ?

Pendant que j’arrêtais le porno je terminais mes études en faculté de sport pour devenir coach sportif.

Mes idées se mettaient donc en place dans ma tête, mais je n’avais pour l’instant aucun projet.

Lorsque j’arrivais dans une période où le porno devenait de l’histoire ancienne, j’obtenais en même temps diplôme de coach sportif. J’étais donc prêt à enseigner.

Malgré cela, je n’avais pas l’envie de continuer dans cette voie car cela ne m’attirait pas plus que ça.

D’un côté, j’aimais que grâce à me services, j’allais aider des personnes à transformer leur corps et donc leur vie.

De l’autre, je ne supportais pas de devoir répondre à une hiérarchie dans une salle où mes horaires ne me conviendraient pas et où je ne pourrais pas exercer de la manière qui me correspondait.

En plus, j’étais fasciné par l’entrepreneuriat.

Ayant passé la majorité de mon enfance à jouer seul devant mon écran d’ordinateur, j’ai pris l’habitude de vivre comme cela, et maintenant j’aime cela.

J’étais donc intrigué par ces « entrepreneurs » qui travaillaient avec un simple outil : leur ordinateur portable.

Je me suis donc dit que ce que je voulais peut-être, c’était d’entrainer mes futurs clients en ligne, qui plus est pour toucher un maximum de personnes.

Mais là encore, le marché était hyper concurrentiel et saturé (et il l’est encore plus aujourd’hui).

Je ne voulais donc pas faire comme tout le monde.

Alors j’ai réfléchi.

Et j’ai eu l’idée de Goodbye Porno.

Je me suis dit : « Tout ce que j’ai appris durant les mois que j’ai passé à combattre mon addiction, pourquoi ne m’en servirais-je pas pour aider ceux qui sont dans la même situation que j’ai été ? »

Alors j’ai voulu créer un site pour proposer mes services.

Mais pour trouver des personnes que je pourrai aider, il fallait un minimum de visibilité.

Alors j’ai décidé de créer des vidéos sur YouTube pour toucher le maximum de personnes.

En parallèle, j’ai repris mes recherches sur la pornographie en allant davantage en profondeur et en consultant des documents et des études plus complets.

J’ai parcouru des forums où des porno dépendants tenaient un journal de bord et s’entraidaient.

Et ce que j’y ai découvert ne m’a pas plu.

Je me suis rendu compte que le porno détruisait la vie de non pas quelques dizaines de personnes, mais certainement de milliers (voir de millions sur toute la planète).

J’ai découvert les réels dégâts sur le cerveau que le porno causait, notamment chez les jeunes qui y sont exposé gratuitement et en illimité.

Je me suis dit que ce n’était pas normal.

Ce n’est pas normal que tout cela soit accessible en tapant quelques lettres sur son clavier.

Ce n’est pas normal que très peu d’informations soient communiqués par l’état pour avertir des dangers.

De quoi parle-t-on en cours d’éducation sexuel aujourd’hui ?

C’est ainsi que ma vision de Goodbye Porno s’est transformée.

Je ne veux plus simplement aider les hommes à sortir de leur porno dépendance.

Je veux aussi créer un vent de prise de conscience entraînant toutes les personnes qui se trouveront sur son chemin à reprendre le contrôle de leur vie.

Je veux que les hommes se rendent compte de que leur vie se transformerait s’ils arrêtaient le porno.

D’ailleurs, j’ai toujours aimé me remettre en question, réfléchir.

Alors mon but, c’est d’emporter le plus de personnes avec moi dans ces réflexions.

Pour leur montrer qu’ensemble, en se posant les bonnes questions, et en arrêtant de faire comme tout le monde, l’on devient différent.

Et c’est à partir du moment que l’on est différent, que l’on peut devenir exceptionnel et accomplir de grandes choses.

Théo

Pour me contacter : theo@goodbyeporno.fr