Pourquoi le porno est-il autant addictif ?

La pornographie a tellement évolué et s’est tellement démocratisée qu’elle est devenue, pour ceux qui posséderaient une connexion internet, une activité banale, une source de plaisir et de détente.

Ce qui est intéressant de se demander, c’est pourquoi aujourd’hui la pornographie est-elle consommée par autant de gens sur la planète et pourquoi est-elle si addictive en poussant des centaines de milliers, voire probablement des millions de personnes à en devenir complètement accro.

Pour répondre à cette question, il est important de bien saisir les enjeux de la pornographie moderne par rapport au cerveau dont nous sommes constitués aujourd’hui et avec lequel nous avons vécu pendant des milliers d’années.

Il convient donc de revenir dans le passé pour comprendre en quoi la pornographie moderne a bouleversé notre cerveau en rendant le sexe facile d’accès pour nos yeux.

Pour faciliter mes explications j’adopterai une vision hétérosexuelle durant tout l’article.

***

A notre époque, nous avons une opportunité en quelques clics et en une fraction de secondes, d’avoir devant nos yeux un nombre de femmes nues et en apparence très fertiles, 1000 fois plus grande que tous nos ancêtres réunis ont pu en avoir durant leur vie.

Avant l’apparition des photos, des vidéos et d’internet, pour avoir l’opportunité d’avoir du sexe ou de voir une femme nue, un homme devait généralement être obligé de la rencontrer et de mener une succession d’étapes notamment de flirt et de séduction.

A cela, il faut ajouter la variable du temps, car cela pouvait prendre plusieurs mois pour courtiser une femme et de posséder ses faveurs.

Le fait que dans le passé il fallait être patient et en quelque sorte « travailler la terre » (excusez-moi de la comparaison), cela rendait le sexe ou la femme nue rares et très occasionnels.

Ce qui faisait que le sexe était pour le cerveau plutôt caché et verrouillé.

Et pour les hommes qui restaient en couple la majeure partie de leur vie, ils ne voyaient que le corps nu de leur partenaire de vie.

Ce mode de vie sexuelle qu’ont vécu nos ancêtres pendant des milliers d’années a structuré et conditionné leur cerveau d’une certaine façon.

Le fonctionnement hormonal et chimique de notre cerveau est donc aujourd’hui globalement le même que celui de nos ancêtres.

Plus simplement, nous vivons globalement tous avec un cerveau dont ses mécanismes fonctionnent autour d’une réalité qui est que voir des femmes nues, sexys et fertiles et avoir des rapports sexuels avec elles est très rare (ou du moins absolument pas commun).

Mais aujourd’hui, la société dans laquelle nous vivons nous offre des possibilités encore jamais vues dans l’histoire l’homme.

A travers les sites pornographiques, le sites d’escorts, les réseaux sociaux et d’autres plateformes, la société moderne nous permet d’avoir accès rapidement et sans effort à un catalogue interminable de femmes nues exhibant leurs attributs physique, leur fertilité et leur ébats sexuels.

Internet peut donc être considéré comme un hack, un code de triche qui permettrait pour un homme de sauter les étapes qui précèdent le sexe ou la vue de corps nues de femmes, et d’y accéder sans effort et dans un délai temporel infiniment réduit comparé à nos ancêtres.

Vous pourriez penser que le fait de regarder en vidéo une femme faire l’amour avec un homme ne remplacera pas le fait de faire soi-même l’amour à cette femme.

Pourtant dans notre cerveau, lorsque l’on regarde une vidéo porno dans laquelle un homme couche avec une femme, nos neurones miroirs s’activent et envoient certains signaux au cerveau équivalent aux signaux qu’il recevrait s’il était à la place de l’homme et qu’il vivait la situation.

Pour vous expliquer brièvement ce que sont les neurones miroirs, ce sont une catégorie de neurones du cerveau qui présentent une activité aussi bien lorsqu’un individu exécute une action que lorsqu’il observe un autre individu exécuter la même action.

Donc le porno, les réseaux sociaux et toutes les autres plateformes où il est possible de voir des femmes à moitié nues, nues où en train de coucher avec un homme envoient à notre cerveau le signal que l’on peut se reproduire avec elles, ou que l’on est actuellement en train de le faire.

Et là où la vue d’une femme nue ou le fait de faire l’amour avec cette femme ne pose pas de problème en soi à notre cerveau, il en est une toute autre affaire si cela est reproduit plusieurs fois dans la même heure et répétable de multiples fois dans la semaine.

Tout cela fait donc complètement disjoncter les circuit neuronaux de notre cerveau et son fonctionnement hormonal et chimique.

Cela passe notamment par l’effet Coolidge qui est un phénomène biologique observé chez beaucoup d’animaux qui explique que les mâles manifestent un intérêt sexuel renouvelé chaque fois qu’une nouvelle femelle leur est présentée en vue de relations sexuelles, et ce même après la cessation de leurs relations avec des partenaires sexuelles antérieures mais encore disponibles.

Tout cela a notamment aussi un lien avec la dopamine dont je parlerai juste après.

Ainsi le porno influence notre cerveau à vouloir féconder le plus grand nombre possible de femmes.

Et c’est justement d’après moi l’une des raisons qui explique qu’à notre époque, nous arrivons de moins en moins à nous mettre en couple et que nous avons tendance à sauter d’une relation à une autre.

Maintenant, pour aller plus en profondeur sur l’impact de la pornographie, il faut aussi saisir les enjeux de la pornographie moderne comparée à la pornographie d’antan.

On entend souvent les gens dire « la pornographie c’est pas un problème ça toujours existé avec les statues et les peintures ».

Il est vrai que le porno a toujours existé, mais dans une certaine forme de représentation.

Dans le passé elle était représentée par des sculptures, de la peinture ou du dessin et elle constituait uniquement des représentations artistiques.

Même si elle pouvait le faire indirectement, elle n’avait pas pour objectif d’exciter les pulsions sexuelles.

Petit à petit, avec l’évolution du monde, elle a pris une forme de plus en plus concrète, en commençant par des photos dans les magasines playboys, puis des vidéos dont la qualité laissait à désirer, jusqu’à la qualité HD, et pour en arriver aujourd’hui à de la réalité virtuelle.

Aujourd’hui, la pornographie est majoritairement produite sous la forme de vidéos et son but est de provoquer au spectateur la plus grande excitation possible en un minimum de temps.

Cette excitation qui se créé en nous se caractérise par la sécrétion de la dopamine dans notre cerveau.

Ce processus de sécrétion de dopamine qui est provoquée par le sexe est en soi quelque chose de normal.

Ce qui est moins, voire pas du tout normal, c’est l’intensité des stimulations et de sécrétion de dopamine que procurent le porno.

C’est un phénomène que les scientifiques appellent d’ailleurs un super-normal-stimulus.

C’est une stimulation méconnue par le cerveau, qui va au-delà des stimulations auxquelles il est habitué dans sa structure.

Un autre super-normal-stimulus aujourd’hui c’est par exemple les fastfoods qui proposent des burger bourrés de gras et de sucres qui provoquent lorsqu’on les mange des pics de dopamine importants.

Donc au travers de la pornographie moderne, notre cerveau se fait littéralement hacker son système de la récompense qui est principalement gérée par la dopamine.

On en est rendu alors, en consommant de la pornographie, à créer un déséquilibre dans notre système de la récompense qui n’est pas sans conséquence.

Pour lister les conséquences principales de super stimulations régulières de dopamines dans notre cerveau : on devient moins motivé à faire des choses non gratifiantes sur le court terme, on perd le gout des choses simples et l’on atrophie le lobe frontal de notre cerveau ce qui amène à des troubles cognitifs, le développement de comportements compulsifs et un plus grand risque d’addiction.

Ce sont d’après moi les principales conséquences mais vous pouvez trouver d’autres conséquences et contenus sur internet à ce sujet.

***

Pour résumer la vidéo, il faut bien comprendre qu’aujourd’hui nous ne vivons pas dans le même monde qu’il y a des centaines voire des milliers d’années et que pourtant, notre cerveau est habitué au monde d’avant.

Et vous pourriez vous dire très bien Théo mais bon il va évoluer et se transforme en fonction du monde d’aujourd’hui, c’est ce qu’on appelle l’évolution.

Effectivement, le cerveau s’adapte à son environnement.

Mais si l’environnement qui lui est proposé n’est pas équilibré, alors le cerveau évoluera vers une structure instable, qui plus est, si la transition est brève.

Gardez le cap sur vos objectifs !